lundi 7 août 2017

ETUDE RECHERCHE USA une étude ethnographique des soins informels dans deux communautés de Bhoutan.

Comme le rappelle Transcultural Psychiatry à propos des réfugiés originaires du Bhoutan (appartenant à des minorités de langue népalaise, chassées de leur pays à la fin du XXe siècle), l’érosion des liens sociaux lors d’un processus d’immigration contribue à l’accroissement du risque suicidaire. En général, les réfugiés bhoutanais utilisent peu les services occidentaux de santé mentale, du fait de barrières linguistiques, économiques ou culturelles, et parce que l’accès à des soins psychiatriques est, dans leur culture, fréquemment stigmatisé au point que le patient et sa famille redoutent l’exclusion sociale en cas de recours à ces services de santé mentale.
S’appuyant sur l’étude d’une communauté de réfugiés bhoutanais établis à Burlington (dans le Vermont, aux États-Unis), une anthropologue, Liana Chase, et un psychologue Ram P. Sapkota, ont examiné les facultés de résilience dans cette population, dans le contexte d’une réinstallation après une migration forcée.
Une communauté bhoutanaise exilée en exemple
Révélant, au sein de cette communauté bhoutanaise en exil, le rôle important des soins informels, prodigués par les proches, les amis et les voisins, dans la prévention et l’atténuation de la détresse mentale, cette recherche montre que les membres de la famille et les relations se trouvent intimement impliqués dans la reconnaissance et la gestion de la détresse individuelle de l’un de leurs membres et répondent souvent de manière active à la vulnérabilité perçue. S’apparentant à une forme de psychothérapie de soutien, l’intervention de ces personnes proches du sujet en souffrance vient ainsi remédier aux disparités dans les ressources en santé mentale et compléter les services professionnels disponibles, en créant des groupes communautaires pour promouvoir efficacement le bien-être psycho-social. Ce soutien de l’entourage porte notamment sur les causes profondes de la détresse, y compris des interventions pragmatiques, sociales et spirituelles. Ressemblant à des systèmes de soins informels où « un ami vaudrait un psychologue », ces initiatives communautaires contribuent notamment à la prévention du suicide et à la réhabilitation de la santé mentale, dans cette population fragilisée par le double choc culturel lors de toute migration subie : faire le deuil de l’environnement laissé derrière soi et s’acclimater à un nouveau contexte.
Dr Alain Cohen
Références
Chase L et Sapkota RP : In our community, a friend is a psychologist: An ethnographic study of informal care in two Bhutanese refugee communities. Transcult Psychiatry, 2017 ; 54 : 400–422.

* http://www.jim.fr/infirmier/actualites/medicale/92_infirm/e-docs/quand_les_amis_se_font_therapeutes__166895/document_actu_med.phtml

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