jeudi 27 juillet 2017

ETUDE RECHERCHE Evaluation du risque suicidaire chez les adolescents en médecine générale : Étude quantitative descriptive auprès de médecins spécialisés en médecine générale en Pays de la Loire entre mai et novembre 2016

Evaluation du risque suicidaire chez les adolescents en médecine générale : Étude quantitative descriptive auprès de médecins spécialisés en médecine générale en Pays de la Loire entre mai et novembre 2016

AUFRAND GUERIN Manon
THÈSE pour le DIPLÔME D’ÉTAT DE DOCTEUR EN MÉDECINE
Qualification en  MEDECINE GÉNÉRALE 2016-2017

RESUME
Introduction Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans. La prévention du suicide chez l’adolescent est donc un enjeu majeur
de santé publique. Or, il semble que le médecin généraliste ne dépiste pas ce risque
systématiquement. L’objectif principal de cette étude était d’observer comment les médecins généralistes évaluent ce risque suicidaire en consultation. Les objectifs secondaires étaient de cerner l’organisation du suivi et de repérer un profil de praticiens moins enclins au dépistage.
Matériel et méthode
Il s’agit d’une étude quantitative de cohorte, observationnelle et descriptive. Les critères d’inclusion sont les médecins Maîtres de stage Universitaires en stage ambulatoire de niveau 1 exerçant dans la circonscription de la faculté d’Angers. Ils étaient observés par leurs internes à l’aide d’une grille anonyme lors de chaque consultation avec un adolescent âgé de 10 à 19 ans entre mai et novembre 2016.
L’analyse statistique a été descriptive et comparative, avec pour celle-ci utilisation du test d’indépendance du Chi2 ou le test de Fischer pour les faibles effectifs, avec un degré de significativité retenu de 5%.
Résultats
57 médecins sur 186 contactés ont accepté de participer et 166 grilles ont été exploitées.
Globalement, les médecins généralistes ont peu évalué le risque suicidaire lors de ces consultations.
Dans 127 consultations le médecin a abordé au moins un item en rapport avec l’é
valuation du risque suicidaire de l’adolescent.
Les médecins ont dépisté davantage ce risque lorsque le motif de consultation
était psychologique (18/19 versus 109/147, p<0,05) ou de prévention (54/64 versus 55/83, p<0,05). Il n’y avait pas de différence significative en ce qui concernait le profil des médecins et des adolescents et l’ancienneté et la répétition des consultations.
Dans 43 consultations il a donné au moins un conseil de prévention. Les médecins ont délivré plus de conseils de prévention aux adolescents qu’ils connaissaient
(43/153 versus 0/12, p<0,05) et lors d’un motif psychologique (9/19 versus 34/147, p<0,05).  18 adolescents ont été repérés à risque suicidaire. 5 se sont vus prescrire un traitement, 5 ont eu un suivi programmé et 11 ont été orientés vers un spécialiste ou une structure.
Conclusion
Les médecins prenaient donc peu en compte les spécificités du risque suicidaire chez les adolescents, calquant leur prise en charge sur celle des adultes. Afin d’améliorer la prise en  charge, il pourrait être envisagé de renforcer la formation des Maîtres de stage Universitaires au sein de la faculté et au sein des FMC. Un nouvel examen de santé obligatoire pourrait être  crée à l’âge de 15 ans et intégré au carnet de santé.
Acces these en ligne http://dune.univ-angers.fr/fichiers/20137299/2017MCEM7330/fichier/7330F.pdf

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