vendredi 21 juillet 2017

MISE A JOUR Premiers résultats de l'enquête santé mentale des étudiants en médecine, internes et chefs de clinique

Retrouvez le dossier de presse Enquête Santé Mentale jeunes medecins de l'enquête
http://www.isni.fr/wp-content/uploads/2017/07/EnqueteSanteMentale.pdf



1er post du 16/06/2017

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Présentation des premiers résultats de l'enquête santé mentale réalisée de janvier à juin 2017 sur 21 768 répondants étudiants en médecine, internes et chefs de clinique.
Étude réalisée par l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France, l'Intersyndicat National des Chefs de Cliniques Assistants, l'Intersyndicat National Autonome Représentatif des Internes de Médecine Générale et à l'initiative de l'Intersyndicat National des Internes.

Étude coordonnée par Leslie GRICHY, Guillaume AH-TING (ISNI), Clément LE ROUX et Antoine OUDIN (ANEMF), Ludivine NOHALES et Laurent GILARDIN (ISNCCA), Stéphane BOUXOM et Camille TRICART (INSAR-IMG)






Article sur le sujet

66 % des futurs et jeunes médecins souffriraient d’anxiété


Selon une enquête de quatre syndicats d’étudiants en médecine, d’internes et de praticiens des hôpitaux, près de 28 % d’entre eux seraient atteints de troubles dépressifs, contre 10 % des Français.


LE MONDE | 13.06.2017 à 06h49 • Mis à jour le 13.06.2017 à 11h21 | Par Séverin Graveleau

« Il est temps que les jeunes médecins comprennent qu’ils sont aussi une population à risque en termes de souffrance au travail », commente Leslie Grichy, la vice-présidente chargée des questions sociales de l’Intersyndicat national des internes (ISNI), à l’occasion de la publication de l’enquête sur la santé mentale des jeunes et futurs médecins, mardi 13 juin. Selon cette étude réalisée par l’ISNI et par trois autres syndicats représentant les étudiants et internes de médecine, ainsi que des chefs de cliniques et assistants des hôpitaux, plus de 66 % des jeunes et futurs médecins souffriraient d’anxiété, contre 26 % de la population française. De même, ils seraient près de 28 % atteints de troubles dépressifs, contre 10 % des Français.

Dans le monde hospitalo-universitaire, beaucoup plus sensible depuis quelques années à la question des risques psychosociaux, sur fond de médiatisation des cas de suicide de praticiens et de la souffrance des personnels médicaux, ces résultats étonnent à peine. Si la représentativité de l’échantillon de ses répondants n’est pas assurée, « les taux de réponses sont relativement importants et les résultats cohérents avec d’autres études récentes, comme celle parue en 2016 dans le Journal of the American Medical Association », commente le professeur Patrick Hardy, coordinateur de la spécialité d’internat psychiatrie en Ile-de-France.

Quelque 22 000 futurs et jeunes médecins ont répondu au questionnaire – dont 20 % d’étudiants de deuxième année et de troisième année, 40 % d’externes et 35 % d’internes. Parmi eux, près de 24 % déclarent avoir déjà eu des « idées suicidaires », un chiffre supérieur de 10 points à celui du Conseil national de l’ordre des médecins dans son enquête sur la santé des jeunes médecins de juin 2016.
« Une population vulnérable »

Comment expliquer cette prévalence des troubles d’anxiété et de dépression chez les jeunes médecins ? Si la rencontre avec la réalité de la maladie, ainsi que la difficile préparation du concours d’internat à la fin de la sixième année, expliquent en partie les difficultés pour les plus jeunes étudiants et les externes, les internes sont, selon Patrick Hardy, « une population particulièrement vulnérable car ils passent bien souvent, en l’espace de vingt-quatre heures et sans préparation, du statut d’étudiant externe à celui d’interne quasi responsable de la vie ou de la mort des patients ». Le tout avec des horaires à rallonge, malgré un plafonnement théorique du temps de travail à l’hôpital (quarante-huit heures par semaine), souvent non respecté.

En plus de cette forte charge de travail, le fait de se sentir seul face aux difficultés, sans soutien des pairs ou de la hiérarchie, est le « facteur de risque qui ressort le plus de notre étude », commente Leslie Grichy. Pour les futurs et jeunes praticiens, la découverte de l’hôpital est encore souvent celle d’un monde où le médecin peut difficilement montrer un signe de faiblesse, « où ceux qui souffrent se taisent », craignant que cela fasse d’eux de mauvais médecins.

Face à cette situation, de plus en plus de praticiens appellent à un « changement culturel ». « C’est un métier où l’on apprend malheureusement dès les premières années à s’endurcir, à ne pas se plaindre, à mettre de côté sa propre santé, car c’est le malade avant tout… », rappelle le docteur Max-André Doppia.

A la tête de la commission Smart (pour santé du médecin anesthésiste-réanimateur au travail) du Collège français des anesthésistes-réanimateurs (CFAR), il œuvre ainsi, entre autres, pour faire entendre « qu’un médecin a le droit d’être malade ». Le CFAR a lancé début avril la campagne « Dis doc, t’as ton doc ? », incitant les médecins à se faire soigner eux aussi quand ils sont malades, à abandonner l’autodiagnostic et l’automédication. Il rappelle que « 80 % des médecins n’ont pas de médecin traitant ». Parmi les principales propositions présentes à la fin de l’enquête figure la mise en place de « temps d’échanges réguliers » pour parler de ses difficultés et prévenir les risques psychosociaux. Des temps d’échanges qui existaient par le passé, selon Max-André Doppia, « mais qui ont disparu du fait d’une logique de management faisant disparaître les temps morts non productifs ».

La « stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail » à l’hôpital annoncée par l’ex-ministre de la santé, Marisol Touraine, en décembre 2016, évoquait elle aussi le renforcement « des réunions d’équipe » et la mise en place de « dispositifs d’écoute offrant un soutien psychologique » en cas de difficulté. Des dispositifs d’alerte et de soutien qui existent aujourd’hui dans de nombreuses facultés de médecine, mais qui continuent à manquer au sein des hôpitaux, que fréquentent quasi exclusivement les jeunes médecins dès leur accès à l’internat.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/06/13/66-des-futurs-et-jeunes-medecins-souffriraient-d-anxiete_5143429_1651302.html#1gA8QsxYIgUs6Oif.99


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Dépression : un quart des étudiants en médecine laissés en souffrance
Stéphanie Lavaud rancais.medscape.com/*  28 juin 2017
Paris, France – On commence tout juste à se pencher sur ce sujet – ô combien tabou et longtemps ignoré – de la santé psychique des étudiants en médecine. En témoigne l’enquête nationale inédite que quatre structures représentatives des jeunes et futurs médecins (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA, ISNI)* ont réalisé auprès des externes, internes, chefs de clinique-assistants (CCA), assistants hospitalo-universitaires (AHU) et assistants spécialistes (AS) [1]. Le résultat est sans appel : avec 27,7 % de dépression et surtout 23,7 % d’idées suicidaires, nos futurs soignants sont en grande souffrance et il est temps d’agir.
Lire aussi notre interview du Dr Valérie Auslender, auteur de l’ouvrage « Omerta à l’hôpital », où le médecin commente ces résultats et évoque les causes du mal-être.

23,7% ont des idées suicidaires et un quart souffrent de dépression

Burn-out, dépression, suicides… On l’entrevoit, on le pressent depuis quelques temps déjà, la redondance de ces termes quand il s’agit de parler des internes montre que les jeunes étudiants en médecine ne vont pas bien. Le constat ne se limite d’ailleurs pas à l’Hexagone (voir encadré) où les chiffres sont d’ailleurs encore peu nombreux mais éloquents. En 2016, alors qu’il s’agissait de sonder leur état de santé en général, 14 % des 8000 étudiants et jeunes médecins interrogés par le Conseil national de l’Ordre des médecins, en collaboration avec l’ANEMF, l’ISNI, l’ISNAR-IMG et l’ISNCC, avait déclaré avoir eu des pensées suicidaires (à titre de comparaison entre 3,7 et 4% des femmes et 2,6% à 3,7% des hommes âgés de 20 à 34 ans font la même réponse dans la population générale). De quoi alarmer ces mêmes syndicats qui ont décidé de consacrer une nouvelle enquête à la seule thématique de la santé mentale des jeunes étudiants en médecine. Contactés via les associations (notamment de spécialités), les syndicats, ou les réseaux sociaux, ce sont 21 768 étudiants qui ont répondu, dont 4255 en 1er cycle, 8725 en 2ème cycle et 1157 CCA-AHA-AS.
Résultat : les études de médecine sont, pour le moins, extrêmement stressantes. Chiffres du score HADS à l’appui : 66,2% des répondeurs souffrent d’anxiété, 27,7% de dépression et 23,7% ont indiqué avoir eu des idées suicidaires dont 5,8% dans le mois précédent l’enquête. Si l’on ne peut exclure des biais – comme le fait que les étudiants les plus concernés aient répondu préférentiellement –, les pourcentages donnent une idée de l’ampleur du problème. Un quart d’étudiants déprimés, c’est aussi l’ordre de grandeur retrouvé dans les enquêtes internationales (voir encadré), sans oublier les situations dramatiques « depuis novembre 2016, cinq internes se sont donné la mort ! Ces situations témoignent du malaise profond qui règne aujourd’hui chez une partie de nos confrères », commentent les organisations d’étudiants ayant mené cette enquête.

Violences psychiques chez plus de la moitié des étudiants

Quels sont les facteurs de risque ? Sans surprise, la fatigue, d'abord : 73% des quelques 8 800 internes et CCA répondants travaillent au-delà du seuil légal, fixé à 48 heures hebdomadaires. S’y ajoutent les nouvelles organisations du travail et le fameux « tournant gestionnaire » qui conduit, au nom d’incontournables économies, ceux qui travaillent à travailler encore plus. «Probablement que les conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Il y a encore des internes qui travaillent plus de 24h d’affilée, malgré les dangers que cela comporte pour eux et ceux que cela comporte pour le patient» témoigne Leslie Grichy, vice-présidente de l’ISNI au micro de France Inter. «Les obligations réglementaires de repos mises en place en 2015 – qui font qu’en théorie, un interne qui sort de garde après 24 heures de travail doit observer un repos de 11 heures d’affilée – ne sont souvent pas respectées. Le temps de travail moyen est plutôt de 60 heures par semaine ».

Autre facteur de risque majeur mais souvent laissé dans l’ombre : les violences psychologiques telles que récemment dénoncées par le Dr Valérie Auslender dans son ouvrage Omerta à l'hôpital (Voir notre article). Plus de la moitié des internes (51,5%) et surtout des externes (62,7%) y sont confrontés, s’accompagnant, cause ou conséquence, d’un défaut de soutien des supérieurs hiérarchiques chez près de la moitié des répondants. Ces maltraitances s’inscrivent dans un « parcours de l’étudiant » où la vulnérabilité n’a pas sa place, ni la plainte, et où la demande d’aide est mal vue. En témoigne ce commentaire du Pr Eric Galam , Professeur Associé Médecine Générale (Université Paris Diderot) et Coordonnateur de l’Association Aide aux Professionnels de santé et Médecins Libéraux (AAPML) que nous interrogions il y a quelques mois sur le burn-out des internes : « Le « devenir médecin » est certes une chance méritée mais c’est aussi un parcours quasi initiatique et toujours plus ou moins violent, nous expliquait-il alors. C’est ce qu’on appelle le « hidden curriculum », le parcours implicite qui « convertit » un profane en médecin. Cette acculturation est fondée sur des règles dont on ne parle pas, tant elles sont évidentes et contraignantes : pas de place pour l’émotion, pour le doute, pour la contradiction, l’échec, l’erreur, la critique… Pas de place non plus pour la fragilité ou la demande d’aide même si tous savent qu’elles existent ».
Les études de médecine sont-elles un facteur de risque de suicide ? C’est la question à laquelle le Dr Rebecca Zivanovic (University of British Columbia, Vancouver) a tenté de répondre en comparant le taux de suicide chez les étudiants en médecine par rapport à la population générale dans 7 études menées aux Etats-Unis, en Autriche et au Brésil. Son travail a été présenté lors du dernier congrès annuel de l’American Psychiatric Association et rapporté par nos confrères de Medscape [2]. Au final, difficile de conclure car les résultats divergent et comme le souligne le principal auteur, il est quasiment impossible de trouver un « vrai » groupe contrôle pour ce type d’études. Pour autant, « bien que les données actuellement disponibles ne permettent pas d’établir un « consensus » indiquant que les étudiants en médecine soient plus ou moins à risque de suicide que la population générale, il y a une prise de conscience du fait que les jeunes médecins puissent être plus exposés ».
Pour preuve de cette prise de conscience, plusieurs études – regroupant des cohortes non françaises - se sont penchées sur la question au cours des toutes dernières années. En 2015, une revue de la littérature de 37 études menée par 2 chercheurs lisboètes retrouvait des taux de dépression chez les étudiants en médecine allant de 2,9% à 38,2%, des taux de pensées suicidaires de 4,4% à 23,1% et de tentatives de suicide entre 0,0% to 6,4% chez des étudiants en médecine [3]. Fin 2015, une méta-analyse portant sur 31 études transversales établissait ce taux de dépression des internes à 28,8%. Un an après, le JAMA publiait une revue de 199 études (n = 122 356) regroupant 43 pays – dont 1 seule française – retrouvant un taux similaire d’un quart d’étudiants dépressifs (27,2%) et de 11,1% de pensées suicidaires [4].

Contrôle du temps de travail et visite médicale

Pour prévenir les risques psycho-sociaux et favoriser cette demande d’aide, les syndicats font des propositions comme une formation des futurs médecins au management – ce n’est pas inné –, des temps d’échanges spécifiques (notamment au décours d’un événement comme la mort inattendu d’un patient) ou encore un accompagnement personnalisé. Les organisations syndicales insistent, également, sur la nécessité de « renforcer les contrôles et les sanctions en cas de non-respect du temps de travail » et recommandent la mise en place d’une visite d'aptitude en service santé au travail « obligatoire et systématique » pour tous les jeunes médecins à chaque changement de statut (externe, interne, assistant). Ce qui est actuellement loin d’être le cas : dans l’enquête, seuls 45,3% des répondants en avaient déjà vu un. Une façon aussi d’inciter les jeunes médecins à consulter quand ils ont un problème et à choisir un médecin traitant plutôt que privilégier « autodiagnostic et automédication » comme le rappelait encore récemment le Dr Max-André Doppia lors du lancement de la campagne "Dis doc, t’as ton doc?".
En attendant une véritable prise de conscience du problème et des changements en profondeur, les syndicats étudiants signalent l’existence de plusieurs dispositifs d’écoute et d’assistance à destination des professionnels médicaux, qu’ils soient spécifiques aux jeunes et futurs médecins ou pas (voir encadré ci-dessous).
RESEAUX NATIONAUX AAPML (Association d’aide aux professionnels de santé et médecins libéraux)
N° Indigo : 0826 004 580 - http://www.aapml.fr/
APSS (Association pour les soins aux soignants) : http://www.apss-sante.org/
Collège français d'anesthésie-réanimation (CFAR) : N° Vert : 0800 00 69 62 - e-chat http://cfar.org/sante-au-travail-smart/
MOTS (Médecin Organisation Travail Santé) : N°: 0608 282 589- http://www.association-mots.org/
SPS (Soins aux professionnels de santé) : N° Vert : 0805 23 23 36 http://www.asso-sps.fr/
*Intersyndicat national des internes (Isni), Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-MG), Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), Intersyndicat national des chefs de clinique et assistants (ISNCCA).



http://francais.medscape.com/voirarticle/3603362?nlid=116371_2864&src=WNL_topwk_170709_MSCPEDIT_FR&uac=216098SN&faf=1

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