jeudi 4 septembre 2014

Post commenté : Les minorités sexuelles face au risque suicidaire Nouvelle édition 2014

Les minorités sexuelles face au risque suicidaire
Nouvelle édition 2014
Coll. Santé en action
François Beck, Jean-Marie Firdion, Stéphane Legleye, Marie-Ange Schiltz
Santé mentale, Information sexuelle / Livre
Il existe aujourd'hui en France de nombreuses initiatives de prévention de l'homophobie et du risque suicidaire. Le gouvernement a débuté en 2012 un vaste programme d'actions contre les violences et les discriminations commises en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre qui mobilise plusieurs ministères et s'attache particulièrement à la prévention des risques pour les jeunes LGBTQ (Lesbian, Bisexual, Gay, Transgender, Queer).
Fruit d'une collaboration de statisticiens, d'épidémiologistes et de sociologues, cet ouvrage fait le point sur plus de dix ans de recherche et d'études, dans le monde et en France, sur le risque suicidaire parmi les jeunes des minorités sexuelles (gays, lesbiennes, bisexuel(le)s, transgenre) et ceux qui se questionnent sur leur identité sexuelle ou de genre. Il est destiné à sensibiliser les professionnels en contact avec les jeunes, qu'ils viennent des champs éducatif, sanitaire, social ou judiciaire sur les phénomènes spécifiques que sont l'homophobie, la lesbophobie, la transphobie, tout en soulignant leur lien avec une autre discrimination fondamentale : le sexisme.
Pour commander Téléchargement (pdf, 2,76 Mo )
Destinataires :
Tout public
Professionnels de l'éducation, Professionnels socio-éducatifs

Format / Durée :
15,5 X 23,5 cm
Pages :
140 p.
Ref :
33079014L

http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/detaildoc.asp?numfiche=1291 

INFO +

Compelement d'information de Jean-Marie Firdion, Sociologue at Centre Maurice Halbwachs (UMR8097) Paris"Seconde édition de cet ouvrage sur les comportements suicidaires parmi les minorités sexuelles (réclamée par les associations LGBT et celles qui travaillent auprès des jeunes) ; pour le mettre à jour, nous y avons ajouté les derniers résultats des (maintenant) abondantes recherches scientifiques (notamment celles issues d'une approche écologique, avec non seulement les études sur les effets des débats publics à propos du mariage des personnes de même sexe sur les minorités sexuelles et leurs proches mais aussi les effets de l'introduction de diverses formes légales d'union de personnes de même sexe sur les idéations suicidaires et les tentatives de suicide, maintenant que nous avons le recul de quelques années dans différents contextes nationaux) ; nous avons totalement réécrit le dernier chapitre (Des pistes pour l'action) pour mieux le structurer et l'enrichir par le développement récent des mesures de prévention (notamment les équipes mobile de psychiatrie infanto-juvénile et tout ce qui s'articule avec les MdA, en soulignant leur caractère précaire du côté des financements et des statuts), et avec tout un lot de suggestions et d'interrogations. Bonne lecture !
Bien cordialement, Jean-Marie  "

3 commentaires:

  1. Au risque d'être un peu à contre-courant, ne peut-on pas considérer que le fait de cibler un public d'étude en raison de son orientation amoureuse (ce qui n'est pas tout à fait la même chose que son orientation sexuelle, notamment en terme de représentation de la personne comme sujet de désir) peut être en soi un facteur pervers de discrimination?
    Il me semble que concevoir l'étude comme "les minorités sexuelles face" place le lecteur devant une idée, quelque peu dérangeante, qu'il y a une spécificité ontologique des personnes en situation de "minorité sexuelle" face au risque suicidaire, alors même que cette spécificité repose sur des facteurs de risque externes (sociaux, idéologiques, religieux...), et non pas internes au sujet.
    Si la discrimination se fonde sur des murs que l'on place entre les personnes au sein de notre système de représentation, cette étude me semble être à double-tranchant en ciblant une population plutôt qu'une dimension ("l'orientation amoureuse et les facteurs de risque suicidaires" par exemple).

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    1. Jean-Marie Firdion1 septembre 2014 à 20:56

      Tout à fait d'accord Lucas, mais en épidémiologie comme en sociologie, lorsqu'un groupe défini par telle caractéristique a un comportement particulier, la première réaction des commentateurs (s'appuyant souvent sur des préjugés) est de considérer que cette singularité de comportement est due à la caractéristique considérée. Ainsi, les premiers avis sur la sursuicidalité des jeunes gays, lesbiennes, bisexuelles a été attribuée à une cause simple : l'homosexualité per se était cause/symptôme de trouble mental et comportemental. Il a fallu des études scientifiques sur échantillon représentatif (que nous exposons dans cet ouvrage) pour réfuter cette assertion et renforcer l'hypothèse que la discrimination, l'ostracisme que subissent certaines formes de la sexualité humaine est cause de détresse se traduisant par des comportements suicidaires parmi les jeunes LGBT mais aussi parmi les jeunes hétérosexuels qui ne sont pas conformes aux stéréotypes de genre et cela peut aussi toucher des membres de la fratrie des jeunes victimes d'homophobie. Il nous a semblé particulièrement important de détailler ces études internationales pour contrer des discours excluants et stigmatisants qui ont été entendus ici et là pendant les débats sur le droit au mariage des personnes de même sexe. Comme nous l'avions mentionné lors de notre première édition, ce rejet de l'autre homosexuel est à mettre en rapport avec la peur de confusion des genres. Les termes du débat porté maintenant par certains mouvements de contestation de ce droit au mariage a malheureusement montré que nous voyions juste et donc que l'homophobie est liée au sexisme.

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  2. Merci de cette réponse très étayée.
    Il est vrai que le mouvement de contestation face au droit au mariage n'a pas été particulièrement glorieux dans les arguments proposés. Cependant, avec ce sexisme et cette crainte de confusion des genres que vous soulevez, il me semble qu'il existe certaines séquelles de la psychiatrisation de l'homosexualité. Cette dernière, moins ancienne que nous nous plaisons parfois à le croire, semble encore "hanter" les représentations collectives.
    Lorsque l'orientation homosexuelle a été rayée des nosographies américaines en 1973 (et totalement démédicalisée en France dans les années 90...), les concepts de "légitimisation de la déviance" et de "déséquilibre mental" étaient bien présents dans les débats... Ce champ lexical de la médecine psychiatrique s'est retrouvé récemment en France, bien que plus discret. Il s'agissait de préserver l'équilibre mental des enfants et non des homosexuels potentiellement amenés à les adopter grâce au mariage... forme implicite d'une croyance en une "contagiosité" d'une homosexualité néfaste, doublée d'une appréhension fort peu subtile du concept de féminin/masculin au niveau psychologique.
    Ce sexisme, hanté par des représentations médicales et psychanalytiques éculées mais vivaces, me paraît bien redoutable.
    L'autre comme ayant des comportements à rejeter est une chose, mais dès qu'il s'agit de pathologiser un comportement, c'est toute notre histoire de ségrégation des marginaux psychiques qui se retrouve convoquée de manière plus ou moins consciente. La "bienveillance" verbalisée des opposants face au droit au mariage fait tout de même penser à celle, tout aussi amicale, des psychiatres des années 60/70, désirant aider ces personnes "et non les exclure"... Les uns souhaitaient exclure de la catégorie des biens-portants, tandis que les autres se contentent de la catégorie des citoyens. Foucault nous dirait que la différence est davantage d'ordre syntaxique que sémantique! La marginalisation, en tant que facteur de risque suicidaire, me semble donc être également imputable aux méfaits de la psychiatrie bourgeoise du milieu de siècle.

    Mais tout de même, je reste assez intrigué par ce choix de terme. Ne trouvez-vous pas qu'il serait plus juste d'aborder la question de l'orientation vers les personnes du même sexe comme une orientation amoureuse, plutôt que sexuelle?
    Convoquer ce champ particulier de l'expérience humaine peut-être une source de fantasme d'obscénité chez beaucoup, ainsi qu'une belle réduction de l'histoire de couple que partagent les personnes. Le terme d'homosexuel me paraît être assez révélateur d'une vision de l'autre très centrée sur le comportement et la censure, alors même qu'il s'agit d'amour et non de scandale.
    Mais je digresse! En tous les cas, merci de votre réponse!

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